La traversée des Dolomites – Étape 2 & 3

Mardi 26 juin 2018 – Étape 2 : Allèghe – Cagnò – 142 km, D+ 2988 m.

Ce matin, au réveil, l’azur du ciel donne le sourire à tout le monde. Ça sera une belle journée ! Et la promesse a été tenue.
Daniel, qui avait eu une alerte ” panne de jambes ” la veille, assure le pilotage du véhicule au départ d’Alleghe. La joyeuse troupe est en selle pour un menu copieux : 140 km, près de 3000m D+ et 3 cols : le Passo San Pellegrino (Alt. 1918 m), le Passo di Costalunga (Alt. 1753 m) et le Passo delle Mandola (Alt. 1363 m).

La température est relativement fraîche au départ d’Allèghe. Très vite, la route s’élève et les carcasses commencent à se déhancher, les épaules à balancer… Et pourtant, la vraie surprise sera pour un peu plus tard, quand dans le San Pellegrino, un panneau triangulaire (danger !) indique 15% sur 3 km. Pas besoin de traduction ! Chacun sait qu’il devra serrer les dents pour en venir à bout. Les italiens ont le sens de l’humour… car après cette mise en jambes, un autre panneau indique 18% !

Fort heureusement, il n’y en aura pas pour 3 km et la fin du col est bien moins pentue. Le groupe, scindé en deux après ce premier col, ne se recollera pas.

Le col ou Passo San Pellegrino (Alt. 1918 m), c’est 18,2 km d’ascension et 1144 m de dénivellation

Les plus vaillants enchaîneront les 2 autres cols pour terminer l’étape à Cagnò, d’une traite, après avoir connu quelques hésitations dans Balzano pour trouver le bon chemin.

Le Passo di Costalunga (Alt. 1753 m), 9,9 km d’ascension et 410 m de dénivelé. En arrière plan, la Cima Catinaccio (Alt. 2981 m)

Le Passo della Mendola (Alt. 1363 m), 14,80  km d’ascension et 959 m de dénivellation

Hem… les automobilistes ont été aussi alertes sur leur klaxon qu’abasourdis de voir des cyclistes sur des voies d’accès (ou de sortie) d’autoroute. Mais chut… ce sont les aléas d’un périple du genre. Garmin et compagnie ne sont pas toujours de bons amis.
Le 2ème groupe s’est organisé, lui. Pour permutation de chauffeur et pour sortir de cette ville pas trop faites pour des cyclistes de notre trempe.

De l’avis de chacun, cette étape nous a permis une fois de plus d’en prendre plein les yeux, d’apprécier des routes très roulantes (oui oui ! En montée aussi !), de moins apprécier les automobilistes et motards qui n’aiment guère partager la route. Bref, un tracé remarquable, varié et… sportif !

De dos, Raphaël, devant l’hôtel Viridis à Cagnò

 

Vue sur le lac de Santa Guistina depuis l’hôtel


Les corps commencent à être marqués mais rien n’entame la motivation des 8 compères qui demain s’élanceront pour une centaines de kilomètres. Seulement ?! dirons les taquins ! Le dénivelé sera cependant au rendez-vous.

Éric

 

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Mercredi 27 juin 2018 – Étape 3 : Cagnò – Bormio 111 km, D+ 2908 m.

Aïe aïe aïe… ce mercredi a marqué les organismes autant que les esprits.

Les esprits ? Parce qu’une aventure comme celle que nous vivons, sans entorse – volontaire ou non – aux prévisions, n’en serait plus une. Et ce matin, le beau et chaud soleil qui arrosait Cagnò ne pouvait que nous promettre une nouvelle belle journée. Elle le fût certes, mais après quelques kilomètres, nous sommes arrivés sur des panneaux et plots qui barraient notre itinéraire. Sans vergogne, le groupe s’engage (oui oui on sait, c’est pô bien). Plus loin, un 4×4 en travers de la route (son but était vraisemblablement de marquer un rappel) n’ébranle pas davantage notre témérité. Plus loin encore, une petite pelle mécanique en travers de la route (son but était vraisemblablement de marquer le rappel ultime) nous fait enfin mettre pied à terre. Sort alors de son engin de débardage, un bucheron (italien il va de soi, avec des bras aussi gros que certaines de nos cuisses réunies) qui semblait visiblement en pétard contre nous et nos façons d’ignorer la signalisation. La négociation entamée par Marc et Daniel ne rendra pas le sens de l’humour à notre interlocuteur. Daniel allant même jusqu’à mimer un passage à pied, à côté du vélo. Confirmation : ce bucheron n’avait pas envie de rire ! Après un demi-tour en règle et moult tergiversations sur l’itinéraire bis à mettre en oeuvre, nous voilà repartis, avec un détour qui nous coûtera environ 10 km, pour le Passo del Tonale.

Mémorial Militaire au Passo del Tonale (Alt. 1884 m) 15,2 km d’ascension et 919 m de dénivelé

Pause casse-croûte au Passo del Tonale. De gauche à droite : Daniel , qui cache Alain, Marc, Jacques qui masque Raphaël, Adrien et Claude

   

Adrien et Alain arrivent au pied de la descente du Passo del Tonale, proche de la ville de Ponte di Legno

Pour les autres, l’envie était de rallier au plus vite Bormio. Même la descente était piégeuse jusqu’à Santa Caterina (route étroite et défoncée). De là, les freins ont pu être relâcher pour se laisser couler vers Bormio avec grand plaisir.

Les esprits auront également été marqués par le col qui faisait suite à la pause casse-croûte. Le Passo del Gavia. 17 km d’une ascension qui démarre tranquillement. Puis la pente s’accentue autant que la route se rétrécit. Avant qu’un panneau ” officiel ” nous indique 14%, nous flirtions déjà avec du 10-12%. Le moral et / ou les forces commençaient à manquer à certains voire tous, à des degrés différents quoi. C’était sans compter sur un final, qui reculait la ligne au fur et à mesure que nous comptions la franchir. Les esprits ont TOUS été marqués par un tunnel. Ce tunnel, pas éclairé, pentu, glacé (j’exagère un peu, mais pour un récit aventurier, on a le droit) par un vent de face dont on se serait bien passé, portait l’espoir de voir enfin ” surgir ” le sommet du col.

L’entrée aval du tunnel (500 m de long)

Que nenni…. quand la ” lumière ” revient, c’est pour mettre à vue encore environ 4 km d’une route sinueuse, escarpée et sans rendement ! Les derniers hectomètres fort heureusement, à pente plus douce, permettent de franchir le col ” la fleur au fusil “, pour les plus dissimulateurs.

  

Passo di Gavia (Alt. 2621 m) 17,3 km d’ascension et 1363 m de dénivelé              Les pancartes du col sont entièrement recouvertes d’autocollants !!!

Vue sur le glacier de la Sforzellina depuis le refuge Berni situé à 2 km du Passo di Gavia en direction de Santa Caterina

Marqué les organismes ? Les visages étaient moins joviaux que le matin et les commentaires façon ” tamalou ” commençaient à fleurir dans les discussions. Le repas du soir était bizarrement plus calme, mais pas triste ! Et nous n’avons pas tardé à rejoindre sagement nos chambres en songeant au programme de jeudi, avec notamment le Stelvio.
A l’heure où ces lignes sont écrites, il pleuviote sur Bormio…. Beurk…

Éric

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